Marius et les 109 doudous






Marius a 11 ans et 109 doudous. Ils sont répartis entre sa maison à Bruxelles et celle située en France.
En ce moment, son préféré est Nils le Rhino. C’est blotti contre lui que Marius dort la nuit.
Il l’a acheté sur une brocante deux euros cinquante, avec son argent de poche.
Il sent « le masque chirurgical », il a l’odeur de l’hôpital.
Pendant notre interview, il m’a aussi présenté plusieurs de ses doudous favoris. Tout d’abord Chantilly
que ses grands-parents lui ont acheté aux écuries de Paris, qui sent le cheval et pour qui il chante,
chaque soir, trois chansons. Puis Lili, une licorne que sa sœur lui a donnée. Il la trouve super
car c’est la maman de Chantilly. Il y a également le père de Chantilly, Léo. Chevrette, qui vient du secours
populaire. Et Caralion, son chouchou d’avant qu’il a échangé avec un ami contre un perroquet.
Et enfin le chat qu’il a renommé Marius, Richard Leblanc ou encore Timiou,
et que tous ses copains adorent.




Avant il partageait sa chambre avec sa petite sœur Naïs,
mais maintenant il dort tout seul dans le bureau. Enfin avec quelques doudous quand même.
Il avait l’habitude de les installer à la façon d’une barrière, mais ça l’empêchait de s’endormir.
Maintenant ils sont éparpillés tout autour de son lit. Il leur parle en télépathie
et s’imagine qu’ils lui répondent. Il pense qu’ils sont vivants mais qu’ils ne sont pas comme les autres
peluches qui ne sont pas « hyper développées ».
Parfois, quand il a des images de monstres dans la tête, il touche ou serre rhino dans ses bras
pour se sentir en sécurité. Il prend soin de ses doudous car peut-être qu’un jour
ils se réveilleront et pourront parler avec lui. Il ne joue pas avec car il a peur de les faire tomber.
Il agit de manière très délicate avec eux. Par exemple, il doit souvent aller rassurer l’énorme cheval
en peluche de sa sœur car elle joue beaucoup avec.

Il n’y a pas que les doudous qu’il collectionne. S’il trouve une feuille par terre, ou un caillou,
il les met dans sa poche. Il ramasse les choses de l’extérieur qui sont seules car ça le rend triste.
Mais au bout d’un moment, il est contraint de se débarrasser de toutes ces petites choses.
Il les jette alors précipitamment par la fenêtre, sans y penser pour éviter d’avoir
de la peine. « Vite fait, bien fait ! ».

Marius dit que si jamais il meurt, il voudrait être enterré avec tous ses doudous dans son cercueil.
Ou bien qu’ils restent dans sa famille à tout jamais, car dans une autre que la sienne,
on pourrait leur faire du mal. Du coup, il a peur d’être d’adolescent car il n’a pas envie de les vendre.
S’il les garde, il pourra dédier plus tard une pièce à ses doudous, avec une entrée barricadée et un code
que personne ne connaîtra. Même pas sa femme ou ses enfants, et de toute manière il n’en n’aura pas.






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