Kolique le fossile






Sylvianne est archéologue et partage ses nuits avec Kolique depuis plus de quarante ans.
Aujourd’hui elle se questionne sur son état de santé de l’époque pour lui avoir attribué ce prénom...
Elle avait trouvé ce petit ours en peluche avec son arrière-grand-mère, un mercredi après-midi,
dans les rayons d’une grande surface, lorsqu’elle était enfant. Depuis ce jour, il ne l’a plus jamais quittée,
sauf lorsqu’elle ne dormait pas chez elle. Quand Sylvianne doit s’absenter, Kolique l’attend sagement
à la maison car il y a trop de dangers à l’extérieur. Même s’ils ne remplaceront jamais leur aîné,
lors de ses déplacements elle prend d’autres peluches pour dormir avec elle, par sécurité.
Dans son lit Sylvianne blottit son ours contre elle. Il doit toujours être à ses côtés.
Si elle se réveille en pleine nuit et qu’il n’est plus là, elle doit le retrouver faute de ne pouvoir se rendormir.




Mais passés quarante ans de vie à toutes épreuves et de loyaux services en tant que doudou,
Kolique était devenu tout raplapla. Pour se refaire une jeunesse, il a dû passer sous le bistouri.
Suite à une première opération qui a malheureusement échoué car elle l’avait transformé
« plein comme une vache », Sylvianne l’a confié à son ami Michaël pour une seconde intervention.
Après l’avoir ouvert, évidé, rempli de nouveau et recousu, Kolique a (presque)
retrouvé sa silhouette d’antan.